Mes lecteurs réguliers connaissent un de mes dadas : mettre en évidence la compatibilité entre la foi chrétienne et la pensée libérale. Je découvre régulièrement des
textes bibliques qui apportent de l'eau à mon moulin. Ce fut le cas dimanche dernier. Voici le texte de la première lecture, suivi du commentaire qu'en fait Marie-Noëlle Thabut.
PREMIERE LECTURE - Exode 19, 2 - 6a
Dans le troisième mois qui suivit la sortie d'Egypte,
2 les fils d'Israël, partis de Rephidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï
et ils y établirent leur camp
juste en face de la montagne.
3 Moïse monta vers Dieu.
Le Seigneur l'appela du haut de la montagne :
« Tu diras à la maison de Jacob,
tu annonceras aux fils d'Israël :
4 Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte,
comment je vous ai portés sur les ailes d'un aigle
pour vous amener jusqu'à moi.
5 Et maintenant, si vous entendez ma voix et gardez mon alliance,
vous serez mon domaine particulier
parmi tous les peuples,
- car toute la terre m'appartient -
6 et vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. »
COMMENTAIRE
Ceci se passe au Sinaï, au moment où Dieu va conclure l'Alliance avec son peuple : l'Alliance qui engagera à tout jamais le Seigneur de l'univers et le tout petit peuple d'Israël. On peut dire
qu'il s'agit du traité de paix le plus grave de toute l'histoire de l'humanité ! Et ce que nous lisons ce dimanche, c'est le prologue de l'Alliance, le discours d'ouverture prononcé par Dieu ; il
commence par ces paroles : « Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d'un aigle pour vous amener jusqu'à moi ».
Le livre de l'Exode n'en dit pas plus ; mais l'image était certainement parlante pour ceux qui traversaient le désert. Car il paraît que les observateurs des oiseaux dans le Sinaï ont relevé que
les aigles ont une manière toute particulière d'apprendre à leurs petits à voler. Lorsque les petits sont prêts à se lancer pour la première fois, les parents aigles sortent en portant les
aiglons posés sur leurs ailes. Lorsque les petits se lancent, les parents continuent à planer en dessinant de larges cercles ; lorsque les aiglons sont fatigués, ils peuvent se re-poser (et se
reposer) sur les ailes des parents ; ils recommenceront la tentative autant de fois qu'il faudra, jusqu'à ce qu'ils soient capables de « voler de leurs propres ailes », comme on dit. Le génie
d'un auteur biblique a été d'appliquer cette image à Dieu : manière de dire que si Dieu porte son peuple, ce n'est pas pour en faire son esclave, c'est pour lui
apprendre à voler de ses propres ailes... Dieu est vraiment le Dieu qui libère et qui éduque à la liberté.
Voici ce que rapporte le livre du Deutéronome : « Le SEIGNEUR rencontre son peuple au pays du désert, dans les solitudes remplies de hurlements sauvages ; il l'entoure, il l'instruit, il veille
sur lui comme sur la prunelle de son oeil. Il est comme l'aigle qui encourage sa nichée ; il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses
ailes. » (Dt 32, 10-11). Au passage, vous aurez noté l'expression : « Le SEIGNEUR veille sur son peuple comme sur la prunelle de son oeil. » !
C'est à partir de cette expérience de la sollicitude d'un Dieu qui veut l'homme libre que le peuple a pu s'engager dans l'Alliance et promettre fidélité aux
commandements. Une relation d'Alliance ne peut se bâtir que sur la confiance et la confiance naît de l'expérience : Dieu « a fait ses preuves », en quelque sorte. Dans toute l'histoire d'Israël,
le rappel de l'oeuvre libératrice de Dieu précède toujours les commandements ; nous sommes ici dans le livre de l'Exode au chapitre 19, juste avant le don des
commandements puisque le Décalogue est dicté au chapitre 20.

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Ayant été passer quelques jours dans le Poitou, j'ai assisté à la messe du dimanche de Pentecôte dans l'église Notre-Dame de Richelieu.
J'ai été frappé par le très jeune âge apparent du prêtre, qui tranchait avec l'âge moyen de notre clergé.
Deux chants rappelaient la vocation de l'homme à la liberté.
Comme il m'est arrivé par le passé, je vous livre ci-après quelques extraits du
commentaire, fait par Marie-Noëlle Thabut, des
lectures du jour, notamment ceux qui rejoignent particulièrement la pensée libérale. Parmi ceux-ci, figurent ceux qui font l'éloge de la diversité. En effet, pour les libéraux (voir par exemple
Philippe Nemo, dans l'introduction de "Histoire des idées politiques aux temps modernes et contemporains"), l'ordre social le plus efficace, le plus satisfaisant, est un ordre
"polycentrique", pluraliste, qui suppose la protection acharnée de la liberté individuelle.
Désormais la loi de Dieu (qui est le seul moyen de vivre vraiment libres et heureux, il ne faut pas l’oublier) désormais cette loi de Dieu est écrite non
plus sur des tables de pierre mais sur des tables de chair, sur le coeur de l’homme, pour reprendre une image d’Ezéchiel.
(...)
Troisièmement, l’épisode de Babel : vous vous souvenez de l’histoire de Babel : en la simplifiant beaucoup, on peut la raconter comme une pièce en deux actes : Acte 1, tous les hommes parlaient la
même langue : ils avaient le même langage et les mêmes mots. Ils décident d’entreprendre une grande oeuvre qui mobilisera toutes leurs énergies : la construction d’une tour immense... Acte 2, Dieu
intervient pour mettre le holà : il les disperse à la surface de la terre et brouille leurs langues. Désormais les hommes ne se comprendront plus... Nous nous demandons souvent ce qu’il faut en
conclure ?... Si on veut bien ne pas faire de procès d’intention à Dieu, impossible d’imaginer qu’il ait agi pour autre chose que pour notre bonheur... Donc, si Dieu intervient, c’est pour épargner à l’humanité une fausse piste : la piste de la pensée unique, du projet unique ; quelque chose comme « mes petits enfants, vous
recherchez l’unité, c’est bien ; mais ne vous trompez pas de chemin : l’unité n’est pas dans l’uniformité ! La véritable unité de l’amour ne peut se trouver que dans la diversité
».
(...)
Et le premier message de Paul, aujourd’hui, c’est que l’Eglise du Christ a précisément
pour vocation d’être ce lieu où l’on apprend à ne plus penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement, d’honneur... Le lieu où une nomination n’est pas un avancement ou une
rétrogradation... Le lieu où une ordination ne confère pas une supériorité... Car les vues de Dieu sont tout autres : « Vous le savez, disait Jésus à ses apôtres, les
chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous » (Mt 20, 25-26).
(...)
Nous ne sommes pas tous pareils pour autant : l’âge et le curriculum vitae ont quand même leur importance... mais pas celle qu’on croit. Et voilà le deuxième
message de Paul : nos diversités sont des cadeaux ; ce n’est pas un hasard si il emploie plusieurs fois le mot « don » ; « Les
dons de la grâce sont variés »... « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous ». Cela aussi, c’est un peu le monde à l’envers, parce que, bien souvent, ce sont nos diversités qui nous font souffrir ; on en sait quelque chose en liturgie ; Paul, au contraire, nous invite à nous en réjouir : nos diversités sont des richesses ! Et, paradoxalement, ce sont elles qui bâtiront notre unité. C’est l’un des grands messages de la Pentecôte, nous l’avons vu, en
particulier, avec le récit des Actes des Apôtres où toutes les langues diverses s’unissent pour chanter le même chant, les merveilles de Dieu. L’Eglise est aussi ce lieu où l’on peut surmonter les
différences de sensibilité et apprendre à vivre la réconciliation. Car l’Esprit qui nous est donné à la Pentecôte est l’Esprit d’amour, donc de pardon et de réconciliation. C’est même justement
notre capacité de réconciliation et de respect mutuel qui est la marque de l’Esprit. Voilà le témoignage que le monde attend de nous. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que
l’on vous reconnaîtra pour mes disciples » disait Jésus le dernier soir (Jn 13, 35).
Décidément, si nous avions à imaginer un dessin représentant l’Eglise, on pourrait dessiner une mosaïque : plus les pièces (ce qu’on appelle les tesselles) sont petites, variées, colorées,
plus la mosaïque sera belle et nuancée !
L’unité dans la diversité, c’est un beau pari : mais nous ne pouvons le gagner que parce que l’Esprit nous est donné : l’Esprit d’Amour, l’Amour qui unit le Père et le Fils.
C’était déjà la leçon de Babel : l'unité n'est pas dans l'uniformité ! La véritable unité de l'amour ne peut se trouver que dans la diversité.
Dans un article précédent, je vous faisais part de mon projet de créer un syndicat
professionnnel faisant la promotion des idées libérales. Ce projet avance. Grâce à Liberté Chérie, j'ai pu diffuser un message qui
m'a apporté environ 70 contacts. Plus de 40 d'entre eux ont déjà constitué un groupe de projet pour concevoir et lancer l'organisation syndicale appelée de nos voeux. Il n'est pas trop tard pour
nous rejoindre.
Parmi les personnes ayant répondu avec enthousiasme à mon appel, figure Pascale. Cette jeune habitante de Metz s'occupe du remarquable blog d'Alternative
Libérale / Moselle. Dans différents méls, elle m'a fait part de son expérience personnelle, qui illustre de façon remarquable les bienfaits que les Français peuvent attendre
d'une libération du marché du travail :
"Je me suis renseignée à tout hasard pour savoir si un des syndicats luxembourgeois était assez proche du libéralisme, mais il n'y en a pas.
Cependant, il n'y a pas de comparaison entre les relations sociales au Luxembourg et en France. A Luxembourg, quel que soit le domaine dans lequel vous travaillez, si votre chef ou votre patron
vous énerve ou si vous jugez qu'il ne vous paye pas assez, vous pouvez trouver un nouvel emploi très rapidement.
J'ai même entendu parler d'entreprises (au sens large du terme, c'est-à-dire y compris des banques) dont la direction était particulièrement
dure, et qui ont été obligées de mettre de l'eau dans leur vin tellement elles avaient de démissions ! Non seulement elles perdaient des employés formés et compétents, mais elles avaient du
mal à en recruter d'autres valables, car Luxembourg est tout petit et le bouche à oreille marche très bien !
Certains de mes oncles dans les années 60 quittaient leur patron du jour au lendemain pour un simple mot de travers ! Nos compatriotes ont
malheureusement oublié cette époque, mais les meilleurs défenseurs des salariés, ce sont la prospérité et le plein-emploi !
Ceux par exemple qui ont peur de toucher aux 35 heures ne se sont pas posé la question de savoir pourquoi près de 70.000 frontaliers français affrontent embouteillages et trains bondés pour aller
travailler encore... 40 heures par semaine, mais pour un salaire autrement plus important !"
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